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COURRIER DES LIBERTÉS SOCIALES
BONJOUR, C'EST FICTIVEMENT QUE CE BULLETIN EST DATÉ DU
LUNDI 1ER DÉCEMBRE 2003
SUPPLIQUE AUX DIRIGEANTS DU MEDEF EN FAVEUR DU SALAIRE DIRECT
Cher Patronne, cher Patron, cher Patronat,
Je suis une grande personne.
Par la présente, je vous demande de considérer qu'à partir de l'âge de 18 ans tous les Français ne sont pas seulement appelés à se gouverner eux-mêmes : ils ont le droit de vote ! On nous dit même que par l'exercice de ce droit de vote nous serions les vrais dirigeants de l'État ! Nous désignons même les représentants du Peuple. Certes, depuis la Constitution de 1958, personne ne pense en France que nos élus confectionnent les lois. Ils ont du moins le droit d'avaliser les textes si heureusement rédigés par les bureaux inamovibles de nos chers ministères.
Une récente polémique avec les services du ministère des Affaires sociales a fait apparaître que le président du Medef, votre Mouvement des entreprises de France, M. Ernest-Antoine Seillière aurait revendiqué, à en croire les journaux, une certaine "liberté contractuelle pour les entreprises."
Je ne suis pas seulement une grande personne, je suis aussi à moi tout seul une toute petite entreprise, puisque ponctuellement ou constamment, vous faites appel à mes services dans le cadre d'un contrat de louage d'ouvrage.
Pourquoi, alors, ne bénéficierais-je donc pas, moi aussi, de cette "liberté contractuelle" ?
J'ai entendu autrefois l'excellent M. Yvon Chotard soutenir que si cette liberté contractuelle m'était accordée, je ne souscrirais certainement pas une assurance-maladie, ni une assurance vieillesse, ni encore moins une cotisation aboutissant, en partie, à subventionner en France la natalité polygamique.
C'était faux, car c'était ignorer, quand même, que tous les mois je paye mon loyer, mes traites, mes factures, mes primes d'assurances auto, multirisque, etc., que j'achète ma nourriture, celle de mes enfants dont j'assure l'éducation, sans en référer à un tuteur quelconque. Je paye même, sans plaisir, mes impôts à l'État et aux collectivités locales.
C'était le temps où M. Chotard vice présidait un certain Conseil national du patronat français. Cette appellation surannée, quelque peu paternaliste, n'existe plus.
C'était aussi un temps où l'on ne comprenait pas que l'assurance-maladie, monopoliste gérée par un État insouciant du lendemain, ne couvrirait pas les frais de maladie dus au vieillissement futur de ceux qui cotisent aujourd'hui pour elle.
Les temps ont donc changé.
Aujourd'hui je vous réclame donc, humblement, de ne plus retenir réglementairement mais arbitrairement, sur ma rémunération, des cotisations que vous ne verseriez probablement pas si mon travail n'en assurait pas la contrepartie.
Cet argent m'appartient. Il figure sur ma feuille de paye.
S'il vous plaît, rendez-moi mes sous.
Au cas où mon avis représente quelque chose à vos yeux, vous trouverez ci-dessous mes coordonnées que je confie à L'Insolent, qui a osé en prendre l'initiative, le soin de rassembler et de vous transmettre lorsque nous serons un nombre significatif à l'avoir exprimé en signant la présente pétition.
Croyez cher Patron, cher Patronne, cher Patronat, que je me félicite de travailler avec vous et pour vous, mais s'il vous plaît, rendez-moi l'intégralité de ce que vous me devez, et qui représente le fruit contractuel de mon travail. Laissez faire le salaire direct.
S'il vous plaît, rendez-moi mon droit au libre choix pour mon assurance-maladie comme pour mon épargne vieillesse.
Souvenons-nous bien tous de la formule : "En rendant leur liberté aux esclaves, nous assurons celle des hommes libres". Son auteur était un certain Abraham Lincoln.
Et alors mes salutations distinguées ne seront pas une formule creuse.
Voici Mon nom
Mon prénom .
Mon domicile ..
Mon job
Mes numéros de téléphone ..
Mon adresse électronique
Je persiste et je signe :
Et je confie cette pétition à l'Insolent 39, rue du Cherche Midi 75006 Paris
Site internet : http://www.europelibre.com