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BULLETIN EN TOUTE LIBERTÉ

JEUDI 7 JUILLET 2005

QUAND ON PRÉTEND AIMER LE SPORT...

... On sait féliciter le vainqueur, on sait reconnaître sa défaite, et on s'efforce de savoir en quoi on peut s'améliorer dans l'avenir.

À quoi bon, en effet, épiloguer à propos de la décision prise à Singapour. Si on en croit les sondages elle l'aurait été au grand dam de 80 à 90 % des Français favorables à des JO parisiens en 2012. « Votre vanité était blessée, vous pensiez que c’était votre patriotisme » (1).

Cette défaite, de simple amour-propre, vient à un moment où les faits sérieux semblent conspirer pour souligner l’isolement, l’affaiblissement, la paupérisation de notre pays. Et c’est à ce moment précis que, pour la première fois depuis plus de 20 ans, les idées de gauche semblent avoir la faveur de 51 % du public français.

Ayant toujours souligné les responsabilités personnelles de M. Chirac, et celles de son clan, je ne crois pas avoir besoin de me répéter. Je regrette seulement, à propos du chiraquisme, seulement deux choses : la première c’est d’avoir été amené, 1994, à faire semblant de croire à l’analyse propagée au sein de la droite par M. Alain Madelin ; la seconde c’est d’avoir eu effectivement raison de prévoir, à partir de 1995, ce qu’il allait advenir, du fait des orientations funestes prises par le gouvernement Juppé. Depuis 10 ans, nous en avons vu les conséquences hélas prévisibles et même inéluctables. Dès l’apparition de M. Bové en août 1999, on pouvait mesurer qu’aux réalités matérielles d’une France en décrépitude, s’ajouteraient les misères intellectuelles d’une gauche néomarxiste remise en selle.

L’heure de la reconquête idéologique et des propositions a donc sonné.

Retroussons nos manches, mais faisons-le à la base, car les maîtres du système ne résoudront aucun des problèmes qu'ils ont créés.

Il faut reconstruire. Et pour « retaper la baraque », il ne faut pas être découragé par la perspective d’en nettoyer les décombres. Plus vite cette besogne sera faite et plus rapide sera l’opération de redressement.

Le drame fondamental de la France et des Français, mais aussi de leurs hôtes indélicats, c'est évidemment l'assistanat généralisé. Toute réflexion positive passe par la liquidation des formules de fausse solidarité car elles se révèlent toutes, étant destructrices de richesses, créatrices de pauvreté. Il faut donc étudier les moyens de dissiper l'illusion de la chasse à l’allocation et de la pêche aux subventions : de la sorte la première famille de solutions salvatrices tend à supprimer radicalement l’objet de cette chasse et de cette pêche, en fusionnant non moins radicalement toutes les dépenses de solidarité.

Nous avons, en France, s'agissant de solidarité depuis quelque 60 ans, mélangé allégrement les genres. Cette confusion se révèle particulièrement éclatante avec l’assurance-maladie, où l'on prétend associer en une même gestion, deux choses qui ne sauraient l'être impunément : ce qui relève de la solidarité nationale effective (les soins aux nécessiteux) et tout ce qui, au contraire, entre dans le champ contractuel libre des assurances commerciales de droit privé.

Par l’effet d’un incroyable misérabilisme nous avons ainsi empilé de manière loufoque et incohérente des dizaines de dispositifs d’intervention publique, — les dirigeants politiques s’ingéniant toujours à en créer de nouveaux, sans savoir en faire disparaître aucun — et l'État les a toujours formatés en fonction des finances du jour et jamais en considération des besoins de l’avenir – et cela s'est développé monstrueusement, dans tous les domaines : logement, biens culturels, instruction dite publique, élevage de montagne, chômage, handicap, quatrième âge, etc.…

Il est temps de faire le bilan de cette incommensurable addition qui « redistribue » désormais plus de la moitié de la richesse nationale selon des critères fantaisistes.

Il est temps de mesurer que la principale victime de ce pillage n’a jamais été autre chose que le travail des Français et leur capacité d’initiative, qui s’en trouvent désormais gravement pénalisés.

La fusion de toutes les allocations existantes en une seule tendra à créer un véritable revenu national d’initiative. La mise en place d'une telle allocation unique de solidarité, distribuée à tous tel un dividende de la société nationale ne constituant pas une utopie. C’est une idée qui fait son chemin dans de nombreux pays où l’on a voulu reconstruire après les désordres du socialisme rampant, sous des appellations diverses : impôt négatif de Milton Friedman, crédit social canadien, allocation unique des libéraux belges du VLD, et même, d’un autre point de vue « socioflexibilité » du « modèle danois ». Ce dernier « modèle » est d’ailleurs particulièrement intéressant à opposer au « modèle » français puisqu’il permet une embauche plus sereine et une meilleure indemnisation du chômage.

Les représentants des citoyens et contribuables étant largement verrouillés par les appareils centraux des partis politiques, il appartient désormais aux Français de base de reprendre l’initiative des idées et des propositions. Elles ne seront pas plus « farfelues » que celles de nos technocrates, totalement étrangers aux réalités des entreprises dont ils ne savent être que les parasites, les racketteurs ou les prédateurs.

Détaxer le travail, restituer aux travailleurs l'intégralité de leur salaire direct, et libérer l’initiative individuelle seront les grands chantiers de cette réflexion proposée aux Français, conscients d’être ruinés par le fiscalisme et étranglés par la réglementation.

Certains taxeront de telles perspectives de « populisme » : mais pourquoi utiliser ce mot, supposé péjoratif, là où il faudrait dire, tout simplement « démocratie », là où il suffirait de penser « liberté » ?

JG Malliarakis
©L'Insolent

(1) À vrai dire, le choc de la nouvelle n'a pas été si rude pour ceux qui mesuraient la réalité de cet affrontement. Max-Henry Boulois, auteur du livre "Intégrisme guerre incivile", et par ailleurs ancien capitaine de l'équipe de France d'athlétisme, sportif plus crédible que M. Bertrand Delanoë, est venu dire sur Radio Courtoisie dès le 3 juin pourquoi la France (ou plus précisément la Ville de Paris) ne recevrait pas les JO en 2012.

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