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Sceau personnel de JG Malliarakis

CHRONIQUE DE L'EUROPE LIBRE

MARDI 24 JUIN 2003

LE MONDIALISME N’EST-IL QU’UNE SIMPLE HISTOIRE BELGE ?

Bush et Blair l'ont échappé belle !

L'expérience belge de compétence universelle a démontré par l’absurde les limites du mondialisme…

Au fond, le principe même des histoires belges m’a toujours indisposé. Les victimes de cet esprit persifleur soulignent d’ailleurs que si les Français aiment à ce point les histoires belges, c’est parce que ce sont les seules qu’ils peuvent comprendre.

La Belgique s’est donc engouffrée dans une législation avenante qu’on appelle la compétence universelle. Aux termes de cette loi, n’importe quel tribunal belge peut s’emparer d’une plainte pour d’éventuels crimes de guerre commis par exemple par les soldats anglo-américains, ou pour les dirigeants, dans des guerres telle que l’Irak ou l’Afghanistan.

Et puis le très méchant Donald Rumsfeld est venu rappeler aux Belges que le siège de l’OTAN est à Bruxelles depuis que le Général De Gaulle en 1996 a trouvé disconvenant qu’il demeurât à Paris. Dans ces conditions le gouvernement belge, n’oubliant pas que l’on produit dans ce royaume les meilleurs chocolats du monde et que ce pays est la patrie d’Hercule Poirot, s’est avisé qu’il était plus sage de renoncer à un vrai litige avec les Etats-Unis, litige essentiellement destiné à satisfaire une poignée de gauchistes généralement anglo-américains eux-mêmes.

Alors, on s’est rendu compte à Bruxelles que l’intérêt national commandait de ne pas laisser s’envenimer une querelle purement virtuelle, une passe d’armes judiciaires parfaitement et exclusivement gesticulatoires où les gauchistes auraient fait semblant de diaboliser l’administration républicaine pour conforter la campagne du candidat qui sera désigné par le parti démocrate, affaire totalement stérile, étrangère au royaume de Belgique et à l’Europe.

Mais on a vu de surprenantes réactions. On a alors entendu sur Radio France Internationale, une ONG (1) s’indigner par la bouche d’un ne sait quel permanent néo-zélandais au nom de la souveraineté nationale belge.

L’inversion est ici absolument totale. De petits comités internationaux, eux-mêmes imbus d’idéologie mondialiste se sont servis de divers pays européens où les idées généreuses sont tolérées sans aucune restriction pour mettre en accusation à la fois la paix civile intérieure, les processus de réconciliation et bien entendu la souveraineté élémentaire pour entamer des procédures exclusivement destinées à la propagande antifasciste, c’est-à-dire stalinienne, internationale. L’exemple le plus frappant est évidemment celui du Chili et du général Pinochet. L’Espagne et l’Angleterre ont laissé abriter la manœuvre.

Où est, dans l'affaire de la "compétence universelle", l'intérêt de la souveraineté belge ? Qu'at-on fait dans le dossier Pinochet de la souveraineté chilienne ? Où est n’importe quelle notion de souveraineté nationale dès lors qu’on professe et qu’on organise de la sorte un droit d’ingérence aussi systématique dans les affaires intérieures ?

Aujourd’hui les législateurs belges sont en train de faire machine arrière en limitant les poursuites aux actes commis n'importe où par leurs propres ressortissants. C’est déjà beaucoup, et c’est une sorte de pendant au droit pénal israélien qui prend en charge tous les crimes commis à l’encontre des israélites quel que soit là aussi le territoire sur lequel ils ont été perpétrés, ceci pour des raisons historiquement compréhensibles.

Mais on peut être de la sorte paradoxalement reconnaissant à cette expérience limitée dans le temps qui a démontré par l’absurde les limites du mondialisme et du droit d’ingérence. Il serait bien cependant que l’Europe en tire vraiment les leçons et qu’elle cesse de juger selon des critères universalistes excessifs qui ne pourront que se retourner contre elle, c’est-à-dire contre nous.

Jean-Gilles Malliarakis et François Balivier

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(1) Ce sigle intimidant désigne un petit mouvement bolcho subventionné en général par des gouvernements.

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