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Sceau personnel de JG Malliarakis

CHRONIQUE DE L'EUROPE LIBRE

JEUDI 3 JUILLET 2003

LA CAMPAGNE CONTRE BERLUSCONI N’EST PAS INNOCENTE

Elle est le fait des ennemis de l’Europe des Libertés

L’heure est suffisamment grave ce 3 juillet pour revenir sur la présidence italienne de l’Union européenne. Grave ou psychodramatique on en jugera, peut-être, en prenant connaissance de l’échange incroyable d’injures développé par un député provocateur de la gauche allemande, M. Martin Schultz qui s’en est pris à Silvio Berlusconi avant même que celui-ci ait entrepris la moindre initiative européenne.

On est en présence d’un procès d’intention dont la démarche est capitale et la dérive inéluctable.

Jusqu’ici en effet dominait en Europe une conception essentiellement intergouvernementale. L’Europe était la chose des États et les affrontements de la politique intérieure s’exportaient le moins possible.

En provoquant la fameuse crise autrichienne (1) notre chef d’État bien-aimé a inauguré une nouvelle époque. Il est parvenu à mettre un terme à l’autonomie idéologique des nations en la soumettant aux combinaisons des partis.

Ce faisant, M. Chirac aurait dû considérer que le débat des combinaisons partisanes se transfèrent par nature vers le parlement européen élu, depuis le virage de 1979, au suffrage universel et qui se croit donc le porte-parole plus ou moins légitime du peuple européen. Si on ne voulait pas en arriver là, il ne fallait pas mettre le doigt dans cet engrenage.

Ainsi donc, ce 2 juillet, le parlement européen a pu se dérouler un conflit comme il en existe dans tous les parlements. Herr Martin Schultz, papa Schultz en quelque sorte, a invectivé le président du Conseil italien dans un débat qui jusqu’ici aurait dû demeurer consensuel, car le président de l’Union européenne pour 6 mois, l’est de droit et n’a pas de comptes à rendre aux députés.

Ceci annonce donc un virage institutionnel inéluctable et cela met à mal l’édifice pénible proposé par Giscard à Thessalonique. Il faudra bien en effet déterminer à l’avenir les compétences respectives de chacun des organismes dirigeants de l’Europe puisque l’ère du monopole intergouvernemental est manifestement close.

On remarquera que c’est un dérapage virtuel, à base du bon vieil antifascisme qui est à l’origine de cet incident.

Si on lit attentivement le texte du débat, on constate que M. Berlusconi n’a pas traité son adversaire de nazi, contrairement à ce qu’on lit un peu partout, mais qu’il lui a suggéré un rôle de Kapo. C’est très différent. Herr Schultz devrait savoir que les kapo du système concentrationnaire allemand n’étaient pas des SS mais des droits communs ou des communistes.

Depuis 10 ans, Silvio Berlusconi fait l’objet d’attaques et insinuations insupportables simplement parce qu’il est un anticommuniste.

Toute son équation politique est fondée sur cette évidence bien simple et à ce titre il mérite d’être soutenu de manière claire par tous les partisans de la liberté en Europe.

Cela doit être dit sans faille. Même Gianfranco Fini habituellement très remarquable mérite un mauvais point, comme le mérite aussi le Figaro du 3 juillet, car ils font implicitement porter la responsabilité du scandale au chef du gouvernement italien, président de l’Union européenne.

La vérité doit être mieux dite et mieux connue. Il existe actuellement plusieurs tensions et contradictions au sein des institutions européennes. La présidence italienne, comme pendant les 6 mois écoulés, la présidence grecque, cherche à faire évoluer les choses dans un sens qui déplaît aux intégristes de la technocratie et à l’espèce de synarchie qui domine le processus depuis un demi-siècle.

En ne soutenant pas Silvio Berlusconi dans cette affaire on fait le jeu des ennemis de l’Europe des Libertés.

JG Malliarakis

(1) où d’ailleurs la France s’est déconsidérée autant en la personne du président Chirac que du ministre Martine Aubry.

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