
CHRONIQUE DE LEUROPE LIBRE
LUNDI 1er SEPTEMBRE 2003
LE S COUPS DE SEMONCE DE LISLAMO-TERRORISME

Devraient raviver notre préoccupation pour les destinées de lEurope
Deux nouveaux attentats, monstrueux, le premier à Djakarta le 5 août, le second à Bombay, le 26 août ont rappelé la vraie nature du danger islamo-terroriste ramifié sur toute la Planète.
Il est sans doute légitime de sinterroger sur le nom quil convient de donner, et donc du sens que lon peut attribuer à ce mouvement. Prenant racine sur lislamisme radical des années 1980, il sest progressivement ancré sur les réseaux dont loccident avait fait ses alliés indistincts dans la résistance de lAfghanistan face à loccupation soviétique. Et tout naturellement, ce furent les fondations saoudiennes et les services pakistanais qui en ont pris le contrôle. Les qualifier ("scientifiquement") de "salafistes" ou de "wahhabites", par référence à des courants strictement religieux, cela me semble édulcorer leur évolution vers des méthodes daction sanglantes révoltantes.
Or, la carte même de leurs crimes dhier et daujourdhui va bien au-delà de loccident américano-centré. Nos opinions ont subi le conditionnement médiatique, compréhensible mais trompeur, déclenché par les attentats spectaculairement inouïs, de septembre 2001 aux États-Unis. En France, nous en arrivons à oublier quen 1995, le GIA algérien navait pas hésité à frapper des innocents dans le métro de Paris. En Europe nous en sommes encore à dauber sur la résistance des Russes dans la Caucase. Et nous perdons évidemment de vue que lExtrême-Orient, lui aussi se trouve confronté aux tentacules sanglantes de la même pieuvre : lInde dans le Jammu-Cachemire mais également dans ses métropoles ; la Chine dans le Sin-kiang désertique revendiqué par les Turcs ouïgours, les Philippines, la Malaisie, lIndonésie, où réside une masse énorme de musulmans nominaux que les terroristes prétendent ré-islamiser de force.
Les procès, les arrestations, pendant la même période ont confirmé cet immense et vertigineux mondialisme. Le procès des terroristes de Casablanca a souligné que des Français convertis se retrouvent parmi les émirs du terrorisme au Maroc. Au même moment, on arrêtait à la frontière Laos venant du Cambodge (1) ce Hambali. Dorigine soudanaise, ce citoyen indonésien, circulait avec un faux passeport espagnol et on met aujourdhui à jour que son projet sétend sur un espace islamiste visant 250 millions dhabitants à lautre bout du monde, bien loin des mondes arabe, turc, ou persan auxquels nous sommes habitués.
Comment, alors, face à ce péril mondial, ne pas interpeller nos dirigeants européens, engoncés dans leurs langues de bois technocratiques, prisonniers de leur pensée unique sociale démocrate, enfermés dans leurs impuissances programmées, maquillées, les unes dans des rhétoriques souverainistes dun autre âge, les autres dans les échafaudages interminables dune prétendue construction européenne fictive, au gré dun chantier ouvert par le traité signé à Rome en 1957, mais dont lachèvement ne relève toujours que de lhypothèse.
Car, nen doutons surtout pas, labsence dEurope, dans laquelle nous croupissons et à laquelle nous habituons le monde, nous coûtera de plus en plus cher. Elle obérera de plus en plus gravement lavenir de nos enfants et de chacun de nos pays. Le choc de lislamo-terrorisme, et quelques autres débats actuels importants, autour de la conférence de Cancun par exemple, sans oublier évidemment léchiquier du Proche-Orient, dont la Mésopotamie nest quune case, et où les réseaux du chiisme sont une pièce non négligeable, tout cela va se transformer sans lEurope.
Nous devrions tirer les leçons de notre expérience historique, si riche en paix de compromis. De tels accords se négocient toujours entre les puissances en armes, toujours au détriment des peuples vaincus, à terre et désarmés. Libre à chacun de prétendre ne pas voir dans quelle catégorie se rangent aujourdhui les nations européennes, désunies par lincurie et linconscience de leurs gouvernants respectifs, si comiquement semblables, si tragiquement désaccordés.
Cette voie daveuglement volontaire demeure toujours ouverte, comme son exacte opposite, celle de léveil aux réalités, restera non moins possible mais de plus en plus coûteuse.
Contrairement à cette intelligence animale que nous appelons instinct, et où la survie de l'espèce dicte toujours son comportement, la condition humaine comporte le libre choix des individus entre une voie de salut et une voie de perdition.
Ces lignes ne sadressent quà ceux qui, résolument, préfèrent le salut de lEurope
Jean-Gilles Malliarakis
(1) Où il avait trouvé appui et refuge dans les bastions Khmers rouges !, tiens donc !
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